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Pour commencer, un grand merci à tous pour vos messages de soutien et un grand merci à toi, Toff, pour le site http://team-toy-62.site.voila.fr/ qui a permis de suivre nos aventures au jour le jour.

Comme vous le savez, la course s'est terminée samedi 3 juillet dans l'après-midi après 650 km de road-book. Nous les avons parcourus en un peu plus de 45 heures (pénalités incluses), en gros 20 heures de plus que le vainqueur... un LJ70 2LT-2...
Nous sommes classés 39ème au général sur 165 engagés (camions inclus). Nous avons 7 camions devant nous ce qui nous classe 31ème catégorie auto.

Je pensais me lancer dans un récit jour par jour, mais ça peut être gonflant, alors une synthèse de nos péripéties fera l'affaire...

Le premier jour, le vendredi, a été consacré aux vérifications techniques par l'organisation et au stickage du véhicule avec les sponsors officiels. Ensuite petit tour en ville pour la tournée promotionnelle de la course avec passage sur une bascule pour amuser la foule.

Ensuite deux tours d'un anneau de vitesse... si, si on l'a fait avec le LJ....à 120 km/h !!!

Ce fût aussi l'occasion de faire connaissance avec la catégorie camion (Unimog 4x4, Man 4x4 et 6x6, Oural 6x6 et Tatra 8x8)...c'est monstrueux... surtout quand on sait que l'on va devoir courir en même temps qu'eux...gloups...!!!

Le samedi, premier jour de course, le prologue. En guise de terrain de jeu, une mine de charbon à ciel ouvert. Un parcours de 20 km qu'il faudra faire deux fois. Avec notre numéro 210, nous étions dans les derniers de la catégorie auto à partir. Nous avions donc tout le temps d'observer du haut de la mine une partie du tracé... ben euh...on aurait p'tête pas dû regarder finalement... On voyait à 300-400 mètres, deux passages "trialisant". Une pente dans le sable de 40 mètres coupée à la perpendiculaire par une piste, et une autre descente de 20 mètres terminée par un goulet...

Sur la première difficulté, les 30 ou 40 premiers concurrents sont passés sans problème, descendre 20 mètres puis reprendre la piste pour descendre au fond de la mine et continuer... pour les autres... une marche c'est formée au tout début de la descente... le nez de la voiture plonge, plante, les deux roues arrières décollent, coup de gaz (?) et passe... sauf pour un Merco orange qui termine sur le toit au milieu de la pente... quand au goulet, on voit les concurrents en ressortir avec un coté froissé ou une aile arraché ou rien du tout ??? Et maintenant, à nous de nous lancer..."j't'avais dit Stéf qu'on aurait pas du regarder"...ambiance tendu dans le LJ avant le décompte du starter.

Le parcours s'avérera très très sélectif, parsemé de véhicules sur le toit ou le coté tout au long des 20 km. Nous ne refuserons qu'un seul obstacle qui nous vaudra 30 minutes de pénalités, une descente de 10 mètres avec deux virages serrés en S et en dévers... Stéf à bien senti le coup, le véhicule juste derrière nous était sur le toit lorsque nous sommes repassé au bas de l'obstacle...
Seul petit incident ce jour là, mais qui aura son importance par la suite. Lors d'une descente traversée par une saignée, Stéf ne va pas voir la saignée, et la roue avant gauche va venir frappée dedans en appui. Le choc n'a pas été violent, le volant c'est un peu décalé mais cela sera suffisant pour la suite. Le soir au bivouac, nous avons contrôlé les jeux sur le pont AV mais rien d'apparent...(à suivre).

Dimanche, étape dans une mine désaffectée. Un horizon quasi lunaire au milieu de nulle part. Grosse navigation au cap à travers des plaines de sable dur, des cordons de mini terrils et des pistes très poussiéreuses... paysage apocalyptique avec les restes d'anciennes grues et autres excavatrices. Nous allons jardiner 3/4 d'heures pour trouver un CP planqué dans un trou.

Nous aurons mangé deux jours de poussière (mélange de charbon et de sable) y compris au bivouac.
Nous pensons qu'il faut monter des feux anti-collision à l'arrière de 50 Watts minimum, pour tenter d'éviter les fous furieux qui dépasse dans la poussière s'en voir quoi il se passe à 5 mètres devant leur capot... cela vaudra à un Range de rentrer dans le cul d'un Land... résultat, le Range plié en deux au niveau de la cloison par-feu et pour le Land la caisse arrière a été arraché du châssis...

Lundi, liaison de 300 km pour le premier camp militaire dans le Nord de la Pologne.

 Nous avons parcouru les 10 premiers kilomètres de la spéciale en...3 heures... ambiance... marécage de 50 mètres à traverser, négocié de main de maître par Stéf (premier treuillage, sortie en 10 minutes). Ensuite deux trous de boue (à mi portière) à franchir. Nous aurons la bonne idée de shunter, de prendre deux heures de pénalité mais de ne pas attendre que les 20 véhicules devant nous mettent entre 10 et 30 minutes pour sortir... et enfin une rivière-fossé-bourbier de 5 mètres de large, bref un gros merdier, négocié en deux fois où nous attendrons 1h30 qu'un BJ 71 français (en panne de treuil), à qui nous proposerons notre aide sans l'accepter, sorte pour pouvoir à notre tour nous engager. Nous en sommes sorti en 10 minutes, treuil moufflé et moi dans la boue jusqu'à la taille... bienvenue en Pologne !!!

La fin du parcours nous réservera une dernière surprise, une plaine marécageuse coupée par un fossé rempli d'eau et la piste qui traverse tout ça... pas un arbre à l'horizon... étant dans les 50 premiers à passer là, nous prenons la décision de tenter le coup. Le Stéf, "godasse", sur ce coup, a littéralement arracher le LJ du piège et traversons sans difficulté... à 1 heure de l'arrivée, fatigué, boueux et trempé j'étais fou de joie que l'ont réussissent.

Mardi, le matin, le même camp militaire avec trous d'eau boueuse (immenses woups), des tours sur les cotés de marécages et grosse navigation. Se rendre d'un CP A à un CP B, cap 40°, à 4,5 km à vol d'oiseaux... ligne droite bien sûr impossible... sans GPS... c'est gai !!! La matinée se terminera par un passage de gué épique... euh... j'ai dit gué...nan, c'était bien une rivière de 20 mètres de large avec de la vase au fond !!!

Après une rapide analyse du terrain, il s'avère que le passage par la gauche est le moins risqué (d'autres ont essayé par la droite... plantés, l'eau au niveau de la baie de pare-brise !!!). De plus, les arbres qui borde le coté gauche permettent un treuillage dans un axe pas trop pourri. Nous passerons la difficulté en nous treuillant en trois fois... Stéf me mettra deux fois au bouillon à cause de la commande du treuil dans l'habitacle embobiner-débobiner qui fait des siennes... ça, c'est ce qu'il m'a dit après, tellement je gueulais !!! Et puis aussi Stéf il aime pas l'eau, car une fois engagé il m'a dit : "dépêche toi, l'eau monte dans la voiture"...hum...hum... moi ça faisait 10 minutes que je pataugeais, l'eau jusqu'à la taille !!!

Au final nous mettrons 20 minutes pour nous sortir de là avec l'intérieur du LJ bien inondé, de l'eau au dessus du soufflet du levier de vitesse.  L'après midi se déroulera moins bien, nous allons tourner au ralenti, car la boue des trous du matin a colmater le radiateur et le moteur chauffe. Nous allons nous arrêter dans un petit gué pour tenter d'enlever le plus gros à l'aide de bouteilles en plastique mais il s'avérera que bof, c'est mieux, mais pas efficace. A cette occasion on va se faire doucher par deux Man 6x6 qui vont passer à un mètre de nous sans ralentir... les poids lourds Allemand sont vraiment des e.....s :o/

En fin de parcours, un peu stressé par le moteur qui chauffe, nous allons mal négocié un fossé de tourbe et allons planté le nez du Toy sur le versant opposé, le treuil enfoui dans le merdier. Va falloir que je pelte 15 minutes pour dégager le crochet du treuil pour se sortir de là...."ben ouais, j'savais plus où ke j'avais accroché le crochet du treuil". J'ai creusé à droite... pas de crochet, puis à gauche... pas non plus de crochet, et enfin au milieu devant les rouleaux..."ah ouais le crochet".
A l'arrivée de cette spéciale on jette un oeil rapide sous le LJ...plus de ski de BT..."eh merde. Bon tant pis, faudra faire sans, mais gaffe".
Le soir, nettoyage du radiateur avec le trop petit karcher que nous a aimablement prêté Toff (à suivre).

Mercredi, deux spéciales nous attendent, 85 km + liaison de 160 km + 130 km. Mais c'est la journée noire, le jour sans, la journée de misère, la bonne galère en somme...
Nous ne sommes pas superstitieux, mais le matin même, Stéf paume son alliance puis la retrouve dans l'herbe après 10 minutes de stress. Il décide de ne pas la portée ce jour là...
Peu après, juste avant le départ de la première spéciale nous détectons une fuite d'huile au niveau de la poulie de vilebrequin, une goutte d'huile tombe toutes les 4 secondes, ça commence fort !!!
Ca secoue pas mal, la navigation est cool, c'est roulant mais le bousin chauffe toujours... grrrr... nous sommes nerveux... On jette aussi un oeil à notre fuite, une goutte d'huile toutes les 8 secondes.

Ensuite lors de la liaison pour la deuxième spéciale, un bruit nous parvient du compartiment moteur. L'alternateur commence à se barrer en vrille, il y en a un d'occase de rechange dans le camion. On appelle Denis, il nous rejoint, nous file tout se dont on a besoin si l'alternateur lâche... bingo... 2 km plus loin le roulement d'alternateur serre dans un crissement de courroie et d'odeur de caoutchouc brûlé. On effectuera la réparation sur le bord d'un rond point en 45 minutes, ce qui nous mettra en retard au départ de la deuxième spéciale et nous vaudra 15 minutes de pénalité.
Denis détectera que les silent-blocs des amortisseurs avant ont, pour l'un carrément disparu et pour les autres sont détruits. Il fera la réparation pendant que nous sommes occupés avec Stéf à changer l'alternateur.
Nous jetons à nouveau un oeil à notre fuite d'huile... plus de fuite ?!?!?!?
Nous prenons donc le départ de la deuxième spéciale, mais Stéf va trouver du flou dans la direction avec son volant pas droit... le soir nous arrivons au bivouac. Denis fait grise mine. "Quoi qui se passe ?" k'ont demandent. "Un des deux bras du timon de la remorque est fendu, plus de remorque" répond Denis.
"Tant pis, tant pis, on continue. Allez zou, on regarde cet histoire de flou de direction".
La roue avant gauche levée, nous allons constaté un jeu plus que inquiétant dans les pivots. Une fois le porte fusée en parti démonté, le verdict tombe : roulement de pivot inférieur pas usé, nan... ni cassé, nan... mais détruit !!! c'est plus que quelques fragments de métaux !!!! Nous n'avons bien sûr pas ces roulements en rechange... pleins d'autres truc sauf ça... ça serait pas drôle sinon !!!
C'est Christian Banz, patron du team "Est 4x4" qui va nous sortir de ce mauvais pas en nous fournissant le roulement. MERCI monsieur Banz.

Denis et Stéf vont s'affairer jusqu'à 1h30 du matin pour le remontage du roulement. Effectivement, la cuvette qui contient le roulement est endommagée et le bras de pivot ne veux pas rentrer. Ils résoudrons le problème à grand coup de limes !!!

Jeudi, le jour se lève enfin sur une journée qui nous l'espérons sera plus sereine. Trois spéciale aujourd'hui. Une petite liaison qui nous amène au nouveau terrain militaire, sablonneux celui là, le tout en moins long que hier... Ouf... on va pouvoir un peu respirer. C'est toujours roulant, les difficultés sont beaucoup moins coriaces, pas de navigation compliquée.
Entre la spéciale 1 et 2 nous parvenons à mieux nettoyer le radiateur à l'aide d'un jet d'eau emprunté dans une station service. Ca y est, le moteur ne chauffe plus. Mais c'est un bruit de crécelle qui maintenant se fait entendre de manière sporadique au niveau du tambour arrière gauche ??? Le soir nous remplacerons les garnitures ainsi que le cylindre de roue, mais toujours ce bruit ?!?!?

Durant cette journée de "repos", nous allons avoir deux très agréables surprises. La première, un guet-apens tendu par des locaux. Une vingtaine de jeunes très imbibés, au niveau d'un creux boueux, dans lequel les camions avaient tracé deux superbes ornières. Ces jeunes gens avaient creusés des saignés de part et d'autre du creux, et aussi déplacé des troncs d'arbres afin de nous empêcher de passer soit à coté, soit sur les bords. De plus, voyant que nous cherchions une solution afin de ne pas nous jeter dans le piège, ils nous insultaient copieusement et devenaient franchement menaçant. Nous avons pu finalement nous échapper, moi courant devant le LJ, pour contourner à travers bois.

La deuxième surprise fût un passage de gué dans lequel trois 4x4 gisaient lamentablement l'eau jusqu'au fenêtre. Juste à coté, un joli pont sur lequel trônait un Nissan Patrol marron immatriculé en France dans le 67 !!! Autour de ce gué des photographes qui se régalaient de la scène. Je cherche donc le propriétaire du véhicule, le trouve, et lui demande poliment de bien vouloir le déplacer. Réponse négative, me dit qu'il fait parti de l'organisation, qu'il est un CP et que si on ne passe pas dans le gué, 2 heures de pénalité. Le gars me prend pour un veau avec sa caméra numérique à la main, un semblant de feuille de papier sur lequel figure des numéros de concurrents... bref rien d'un CP. Alors les arguments on rapidement tourné à l'utilisation de la pelle US pour régler le différent, puis deux autres compères (allemand, des fois sont pas si cons...) sont venus se joindre à moi. Le gars tremblait de la tête au pied et à finalement obtempéré. Nous porterons réclamation plusieurs fois auprès de l'organisation concernant ce dernier incident mais sans aucun effet... le gars est l'assistant de LA cameraman officiel sur l'épreuve...
Le Breslau c'est aussi cela...

Nous ferons le soir un gros tour du LJ pour "tout" vérifier... les bras inférieurs de pivots se sont desserrées (sur l'un des deux nous avons perdu un écrou et son goujon). Le radiateur présente ce qui nous semble être un début de fuite, nous décidons de le remplacer par celui d'occase que nous avons dans le camion, une excellente idée pour le lendemain (à suivre).
Bien que nous ne roulons pas comme des brutes, 20 à 30 km/heures de moyenne, nous constatons que le LJ souffre énormément.

Vendredi, nos ennuis mécaniques s'estompent gentiment, nous n'avons plus que une chose en tête dorénavant : FINIR
Nous sommes 42ème au général (camions inclus) et si on peut se maintenir ainsi jusqu'à la fin, se sera le bonheur. Aujourd'hui c'est roulant mais piégeux. Les pistes à travers les pins sont déformées avec des trous par endroit. Nous sommes extrêmement vigilant à tout, plus personne ne parle dans le LJ. Et pourtant Stéf k'est ce y parle ;o))))))))))))))
Nous terminons cette journée par une mer de sable, environ 5 kilomètres. Le sable est porteur mais le LJ ne supporte pas la distance et l'aiguille de température monte. Nous mettrons 3/4 d'heures pour la franchir, en 1° et 2° courte avec des poses pour laisser refroidir le moteur. 85 CV et un peu de magie de Denis sa ne suffit pas, on peine à avancer.

Je m'aperçois que le pont avant vibre beaucoup (j'ai les pieds juste au-dessus). Je ne dirais rien jusqu'à l'arrivée pour conjurer le sort, mais Stéf s'en est aussi aperçu. Nous avions un peu de jeu verticale dans l'arbre, mais maintenant il faut ajouter du jeu en rotation, un bon gros 1/4 de tour !!!
Nous terminons malgré tout un peu anxieux pour le lendemain.

Samedi, ça y est, plus que une boucle de 40 km à faire deux fois. Je potasse le road book pour connaître approximativement la distance sur le sable. Je tombe sur 1/3... Ouf... k'on se dit. On parle stratégie avec Stéf, soulager le moteur au maximum en passant au plus près des arbres, laisser bien refroidir sur les portions de pistes et n'enclencher le pont avant que si c'est vraiment nécessaire... ben... raté. Départ en ligne par 10 sur du sable, 2/3 du parcours que du sable. Cela a été 80 km d'une longueur interminable. 1h30 pour faire le premier tour, puis survient un coup de pluie salvatrice qui rend le sable plus porteur, et 1h15 pour faire le deuxième tour. Pour vous donner un ordre d'idée, le premier de cette dernière spéciale, le Merco du team Gladiator, à fini ces deux tours au moment ou nous nous apprêtions à terminer notre premier tour !!!!
C'est la gorge nouée et avec des sourires béats que nous avons franchi la ligne d'arrivée.

Nous sommes heureux et ravis d'avoir terminer le Breslau, de ramener la voiture quasi intacte, et surtout contre toute attente de finir en si bonne place.
Sur le long chemin du retour de 17 heures dans le LJ, nous avons déjà parlé de l'année prochaine, et on a dit :
" ON Y SERA "

 

 

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