www.teamtoy62.fr.st

Le portail de l'association TeamToy62

 

La course vue par Xav'

Merci, aux partenaires qui soutiennent le projet de l'association TeamToy62.
Le team

 

Le véhicule

 

Les news

 

Nos courses précédentes

 

L'association

 

Forum

 

 

 

 

Ecrivez-nous

 

Le site du rallye Berlin-Breslau

Dimanche 3 juillet 2005, Eric vient tout juste de me déposer à mon domicile, il est 21h30.

Je retrouve ma petite femme, la maison, les chiens et ma fille qui dort à poings fermés, « Home sweet home »

Après une bonne douche et des vêtements frais, c’est un peu agare, un peu perdu que je me retrouve devant la table sur laquelle est dressé le dîner. La maisonnée est silencieuse, il n’y pas d’agitation et j’entends, malgré l’heure tardive, le chant des derniers oiseaux avant le coucher du soleil... je suis entouré de calme et de sérénité.

Je n’ai plus de road book à préparer, plus de bourbiers infâmes à traverser, plus le stress d’avant chaque spéciales, plus le débriefings chaque soir avec nos mécanos, plus les camions qui vous frôlent s’en même vous apercevoir, plus le bruit des groupes électrogènes ou des disqueuses et autres coups de marteau voir de masse jusque tard dans la nuit, plus la poussière continuelle et omniprésente, plus les bivouacs sur des terrains défoncés, plus les véhicules accidentés le long du parcours et plus le starter qui chaque matin décompte le mythique 5,4,3,2,1 GO !!!!!

C’est hier soir, samedi, que s’est achevé le Berlin-Breslau 2005 au camp militaire de Zagan situé au Nord Ouest de Wroclaw (Breslau en allemand) en Pologne à 120 km de la frontière allemande. Après la remise des prix et bien avant la fin de la fête, qui a dû durer jusque tard dans la nuit, nous avons salué nos amis rencontrés en 2004 et ceux rencontrés cette année. Puis vers 22h30 nous avons « benné » dans les voitures trois de nos coéquipiers, qui avaient bu plus que de raison, pour prendre le chemin du retour.

Et ouais les gars, 10 jours déjà depuis notre départ de Calais, vous vous souvenez ?

Nous avions rejoint Stéf et Toff à Calais le Jeudi 23 Juin vers 14h30. Eric et moi-même venions du Sud parisien après un détour sur Lille pour récupérer Jean-Pol et la remorque porte voiture. Ensuite nous avons chargé tant bien que mal tout notre matériel pour prendre la route direction Grosbräschen au Sud Est de Berlin distant de 1050 km. Quand je dis tant bien que mal, c’est que faire tenir une semaine de course dans deux 4x4 Toyota (un KZJ 95 et un HZJ 75) c’est plutôt sport. Une cuve à eau de 600 litres, un compresseur d’air, une moto pompe, un groupe électrogène, un Kärcher, les vêtements et couchage pour 5 personnes, les pièces détachées, tout l’outillage nécessaire à l’entretien du LJ 70 et enfin de quoi assurer notre subsistance jusqu’au samedi soir…pfiouuuhhhhh…c’est à 18h30 finalement que nous parviendrons à prendre la route.

J’allais oublier un point de détail qui met dans de bonnes dispositions dès le départ. Hormis notre problème de culasse une semaine avant de partir, c’est une vieille blessure de 2004 qui se réveille, la fameuse fuite d’huile en sortie de poulie de vilebrequin. Stéf devait solutionner ce problème à l’occasion du remplacement de la distribution, mais Toyota ne nous fournira jamais à temps le joint pour réparer…alors ça fuit, mais comme en 2004 ça s’arrêtera de fuir dès le lendemain !!!!

Nous allons rouler toute la nuit du Jeudi au Vendredi et atteindre Grosbräschen, le lieu du départ de la course vers 12h30. Il fait chaud, entre 33 et 35°C à l’ombre !!!! Après un court repos et l’installation du bivouac, les retrouvailles avec des amis rencontrés l’an passé, Stéf, Toff et Eric attaquent les dernières finitions sur le LJ 70. Poser une seconde sonde de température d’eau, changer et doubler les joints d’encadrement des portes, faire les dernières vérifications mécaniques et électriques, et terminer l’installation de nos nouvelles portes arrières en polyester. Pour cette dernière opération, c’est Eric qui s’y colle. D’ordinaire c’est un garçon plutôt habile de ces mains…mais pas avec une bombe de mousse polyuréthane qu’il va parvenir à faire exploser en retapissant tout le coté droit du LJ…la tête de Stéf !!!!

Ce Vendredi 24 Juin est réservé aux contrôles administratifs, au retrait du road book pour toute la semaine (un pavé de 300 pages qu’il me faudra éplucher par tronçon chaque soir), au stickage du 4x4 à l’aide des sponsors officiels de la course et enfin au contrôle technique à l’issu duquel on nous remettra notre numéro de course, cette année le N°139. Lors du contrôle technique nous nous sommes fait quelques sueurs froides… dans la langue de Goethe : « Ôtres sponzors ke offiziel sur voiture nicht pozible » …gloups !!!! Après moult palabre nous repartirons avec nos sponsors et ceux de la course…ouf…

Cette année le Berlin-Breslau compte environ 160 participants (moto, auto, camion), 50 de moins que lors de la précédente édition. D’après les anciens, 2004 fût une année exceptionnelle.

Samedi 25 Juin Prologue :

Ca y est c’est le jour J. Une année de préparation et c’est en parti maintenant que nous allons savoir si les choix mécaniques que nous avons fait vont se révéler judicieux ou pas.

Une piste en sable qui fait le tour d’un lac terminé par un fossé de terre ocre et poussiéreuse va nous servir de terrain de jeu. La navigation est facilitée par des drapeaux qui nous guident tout au long du parcours, donc aucun souci, ça roule et on enroule du mieux que nous pouvons avec nos 90 chevaux. Ah ! si seulement nous avions un moteur 2LT-2 de 30 chevaux de plus, nous pourrions au moins relancer après les parties de sable mou…peut être l’année prochaine, qui sait ?

La voiture se comporte à merveille avec ces nouveaux amortisseurs à bonbonnes séparées et son nouveau radiateur d’eau en aluminium renforcé, Stéf peut enfin exploiter pleinement le LJ. On saute et on se réceptionne en souplesse, le moteur ne chauffe pas du tout…trop cool la vie…!!!!

Dans le fossé il y a quelques dévers, des montées et des descentes mais rien de bien difficile.

Tout se passe donc au mieux et nous terminons 43ème à 7 minutes du premier.

Dimanche 26 Juin 1er étape :

Le prologue d’hier c’était une sorte de séance de mise en jambe, presque de la rigolade si j’osais. Au Berlin-Breslau chaque jour se suit mais ne se ressemble pas, ce qui est un des aspects qui fait le charme de cette compétition.

Alors, à quelle sauce les organisateurs vont ils bien pouvoir nous croquer aujourd’hui ? Cette même question je me la poserai tous les matins avant chaque départ. J’ai bien le road book sous les yeux, je peux me douter de ceci ou de cela avec des « tu te souviens l’année dernière », mais c’est toujours peine perdu. Nous partons, et nous découvrons kilomètres après kilomètres les pièges et les difficultés que nous a concocté Klaus l’organisateur de cette magnifique épreuve.

Klaus pour cette 1er étape, nous envoi donc dans l’ancienne mine de Seftenberg, la même que celle de l’an passé. De la navigation au cap dans des no man’s land au milieu des terrils et dans de gigantesques plaines aux sols arides. Des pistes rapides faites de sable et de poussière de charbon. Zigzaguer au milieu de fondrières gorgées d’eau. Des passages trialisants en croisement de ponts, de fortes pentes de 30 mètres de long, des montées toutes aussi longues et une marche de 1,5 mètres de haut en biais suivi d’une pente de 5 mètres qu’il faut apparemment descendre, puisque la piste passe par là. Au bas de cette marche impressionnante, gît une Jeep qui vient de faire une casquette, toit écrasé, pare brise cassé et liquides moteurs répandu tout autour. Coup dur pour cet équipage pour un premier jour de course. Pas de CP (check point) en vue sur cette difficulté. J’aperçois à 50 mètres de là un passage en pente douce qui nous permet d’éviter la marche, ce sera là notre échappatoire. Le Berlin-Breslau c’est aussi cela, rouler intelligent et ne pas partir bille en tête pour au final casser la voiture en prenant des risques inutiles.

Nous apprendrons le soir venu que en plus de la Jeep, un Toyota à fait deux tonneaux dans une descente que nous avions nous mêmes dû emprunter. Il y avait à cet endroit un CP et donc le passage y était obligatoire, sinon vous vous voyez gratifier de 2 heures de pénalité. Un Land Rover versera quasiment au même endroit et se posera sur le coté sans trop de casse.

Nous avons fait durant cette journée notre bonhomme de chemin, à notre rythme, nous avons bien navigué et bien roulé. Les passages difficiles ne l’étaient pas tant que ça ! Le Berlin-Breslau serait il devenu une course facile ?!?!?

Nous terminons 15ème de cette 1er étape, c’est à peine croyable. Nous sommes très heureux de figurer en si bonne place, car cela veux dire que demain nous partirons dans les premiers vers la Pologne. Un atout de taille de passer là ou personne n’a encore posé ces pneus, surtout après les camions qui détruisent tout avec leurs 15 à 25 tonnes et rendent les passages encore plus difficiles que ce qu’il ne l’étaient.

Lundi 27 Juin 2e étape :

Nous commençons la journée par une étape de liaison de 350 km qui nous emmène au camp militaire de Recz dans le Nord Ouest de la Pologne. Départ à 7 heures du matin et nous arriverons sur la ligne de départ vers 13h00. Nous avons toujours autant de plaisir à traverser les villes et villages de Pologne, le contact avec la population est toujours aussi sympathique. Le décalage avec l’Ouest de l’Europe est toujours aussi flagrant. Mais en un an, nous pouvons déjà percevoir des changements dans le paysage Polonais. Des maisons se construisent, des voitures récentes circulent dans les rues, une enseigne de supermarché française s’est installée ici et là, les routes sont en cours de réfection et les polonaises…mmmhhhh…de plus en plus sexy !!!!

Bien que nous soyons arrivés de bonne heure et dans les premiers à partir, le départ ne sera donné qu’à 16 heures. Toujours aucun problème, on roule, on enroule et on déroule sur notre rythme. Navigation au cap à travers bois, il faut se frayer un passage entre les arbres. Des gués à franchir et deux fossés-bourbiers que nous passerons au treuil en deux temps trois mouvements. Il n’y a pas eu 50 concurrents qui sont passés par là, c’est vraiment génial de pouvoir choisir sa trace à sa convenance.

Mais, et il y a toujours un mais, en fait deux ce jour-là (le second interviendra plus tard). A environ 1,5 km de l’arrivée un français sur un quad, un gars de l’assistance d’une autre équipe, nous indique de prendre à droite. Comme deux gros abrutis, nous ne serons pas les seuls, nous suivons ses indications et effectivement nous nous retrouvons dans la ligne droite d’arrivée à 600 mètres de là. Énorme erreur, dans le road book qui nous indiquait de prendre en face et non de prendre à droite, il se trouvait un CP…sanction pour CP raté, 2 heures de pénalité !

Nous terminons 46e à 3 heures du premier. Sans cette énorme boulette nous aurions été classés 16e de l’étape ! 

Mardi 28 Juin 3e étape : 

Ce matin nous sommes un peu tendus dans la voiture suite à mon erreur d’hier, ne pas suivre jusqu’au bout le road book. 46e au départ, ça va pas le faire comme hier, cela ne sera pas aussi confortable sur les obstacles. Je suis concentré plus que jamais sur le road book «  Xav, pas d’erreurs aujourd’hui sinon ce sera la soupe à la grimace ce soir ». Je pense que comparativement à l’année dernière je suis parvenu à bien capter le sens que Klaus donne au road book. Sa manière de rédiger, de donner des indications et d’en omettre, de décrypter ses dessins, les endroits où il veut nous emmener, les pièges qu’il nous tend…c’est enfin de compte un immense jeu de piste. « Monsieur Klaus aujourd’hui je te tiens, tu es tout à moi, je suis pour quelques heures le prédateur et toi la proie »

Par exemple, aujourd’hui naviguer d’un point A à B puis vers C au cap. Oh ! comme par hasard si l’on tiens le cap indiqué nous passerons en plein milieu d’une espèce de marécage fait d’herbe haute et de tourbe bien imbibé dans lequel se « bauge » deux camions et trois voitures. Petite reconnaissance à pied pour apercevoir à 200 mètres de là le CP installé sur un promontoire. « Vas y Stéf, tu contournes par ici puis par là » et zou le tour est joué.

Le terrain est très sec cette année, du moins sur les pistes, ce qui soulève d’énormes nuages de poussière sur notre passage.

Depuis le début cette poussière dense et épaisse est notre lot quotidien, plus la chaleur, c’est assez pénible. Nous ne pensons pas que cela s’améliorera puisque nous descendrons plus au Sud pour les étapes suivantes.

Pas facile dans ces conditions de dépasser et plus grave d’être vus par les concurrents qui roulent plus vite que nous. Un Unimog sorti de nulle part va nous dépasser, que dis je nous déposer littéralement sur l’une de ces pistes. Nous devons rouler à 70-80 km/h (et oui) et le gars nous dépasse comme un avion de chasse sans aucune visibilité , il est en travers à moitié sur le bas coté et à moitié sur la piste en pleine accélération. Bon ok, il dispose d’un modèle un peu spécial d’Unimog…450 CV sous le capot…monté en pneus agraires…ça calme !

Le treuil nous servira trois fois sur cette étape, et au deuxième treuillage le câble va se rompre 7 mètres après le crochet. Rien de méchant puisque le câble a rompu sur le bobino. Un câble quasi neuf ! alors si vous lisez ces lignes, surtout s’il vous plaît, tenez vous toujours à bonne distance d’un gars qui treuille c’est DANGEREUX et cela peut être MORTEL !

Sur le troisième treuillage, je vais avoir la chance de croiser Eric, l’un de nos deux mécanos, qui est venu faire des photos sur la dernière difficulté. Mon idée est de remplacer le crochet du treuil en faisant un nœud de chaise et en y glissant ensuite une manille. Mais ça fait une éternité que je n’ai plus fait ce genre de nœud et je ne m’en sors pas. C’est sous la directive d’Eric que je vais parvenir au résultat escompté et nous sortir de ce mauvais pas.

Durant cette journée, je vais même me payer le luxe de perdre ma boussole…re-la tête de Stéf !!!! « T’inquiète j’ai été un indien dans une vie antérieure, ça va bien se passer… » le soleil se lève à l’Est et se couche à l’Ouest, la mousse sur les arbres indique le Nord…y en a pas autour de nous, bon et alors…regarder les traces laissées par les concurrents précédents…épique la fin de spéciale.

Retour au bivouac, nous sommes 28e de l’étape à 2 heures du premier…enfin il paraît… 

Mercredi 29 Juin 3e étape : 

7h30, fin du petit déjeuner, nous vaquons aux occupations habituelles d’avant départ. Préparer la voiture pour la nouvelle journée à venir, gourdes d’eau ok, casse croûte du midi ok, boussole ok, niveau d’eau et d’huile ok, sangles ok…etc…Puis vers 8h30 retour au tableau d’affichage pour connaître les trois ou quatre véhicules qui partent devant nous…beuh ! à la 28e place c’est plus nous ??? nous avons rétrogradés

à la 43e place !!!! Pénalité d’une heure pour treuillage sans sangle autour d’un arbre datant du Lundi !!!! Et bien, c’est vrai, mais j’avais été voir le contrôleur pour lui dire que la sangle je l’avais oubliée au bivouac. « d’akord, mais zest un zimple avertizement, trouver une zangle pour le reste de la chournée » chose faite mais apparemment en 24 heures il a carrément changé d’avis !

Bon ok, cela ne nous empêche pas de continuer à rouler, mais ça énerve un peu quand on sait que les camions déracinent des arbres et que là il n’y a pas de sanctions…

Encore de la navigation, des trous boueux et de la piste rapide. Aujourd’hui un CP un peu particulier, avec 4 heures de pénalité, nous attend. Ca sent le gros coup fourré cette histoire, qu’est ce qui se cache derrière ça ? La réponse, facile, un truc Breslauesque sur 200 mètres de long en quatre énormes trous boueux avec des ornières de 1 mètre, aucune échappatoire possible !!!!

On a un treuil costaud, des arbres à la pelle…j’ai pas oublié la sangle…nous allons y mettre le temps qu’il faudra mais ça va passer. Trois voitures sont devant nous, plantés comme il faut. Nous allons nous y mettre à plusieurs co-pilotes pour accélérer le mouvement et nous dégager le passage. Nous sommes juste devant un camion, le gars sent le coup venir avec nos pneus ridicules en 31x10,5x15 et notre petit moteur. « Zette mizerable Geländewagen va mettre un temps fou à passer » et donc de lui même, vient nous proposer de le laisser passer devant nous afin de nous sangler derrière lui « Top là garçon !!!! »

2 minutes suffisent à franchir l’obstacle, le LJ en drapeau derrière le camion, là où nous aurions peut être mis une heure. Sont plutôt sympas les camions allemands des fois…

Ce fût une bonne journée, parti 43e nous arrivons 29e de l’étape à 30 minutes du premier.

Jeudi 30 Juin 4e étape :

Étape Marathon comme ils disent dans le road book. 325 km dont 270 km de spéciale en 4 manches pour rejoindre le dernier camp militaire, celui de Zagan.

Ben, ça promet d’être une journée longue, très longue. Le co-pilote d’une autre équipe, qui roule dans les 15 premiers, m’indique qu’il estime à 10 heures son temps de course…pour nous, nous nous baserons donc sur 12 heures de course au mieux.

Nous voilà donc partis pour cette longue journée à travers les sous bois Polonais. Vers la fin de la première spéciale je vais tourner deux pages du road book au lieu d’une seule…c’est marrant comme tout à coup on se sent un peu perdu…demi-tour, 2 ou 3 km pour retrouver le fil du road book et c’est reparti.

On attaque la deuxième spéciale, nous sommes sereins, nous roulons bien dans notre tempo et nous arrivons dans une mer de sable…un dessin dans le road book indique la sortie…pas facile du tout à trouver…Klaus a repris sa position de prédateur…on zigue et on zague…d’autres véhicules jardinent autour de nous…et tout à coup le LJ se met à toussoter…cale…Stéf redémarre…20 mètres…toussote et cale à nouveau…une fois, deux fois, trois fois le même manège. Nous descendons de la voiture, Stéf inspecte le filtre à air, les raccordements de durites de gasoil, le filtre à gasoil…RAS… Stéf redémarre…le LJ toussote et cale !!!! Stéf se rend à l’arrière du LJ et commence l’inspection du réservoir…un suintement de gasoil provient du dessus du réservoir. Nous en déduisons une rupture des canalisations métalliques qui plongent dans le réservoir. C’est une partie totalement inaccessible sans déposer le réservoir et de toute manière nous ne disposons pas de quoi le réparer. De plus l’amortisseur arrière droit pisse l’huile…Il nous faudra une demi heure pour nous rendre à l’évidence…il faut abandonner pour aujourd’hui.

Comme si cela ne suffisait pas, un Unimog se gare a côté de nous, il cherche son chemin, passe la marche arrière et nous rentre dedans…sale journée !

Nous rejoignons comme nous le pouvons, le LJ démarre fait 20 mètres et cale, la route bitumée qui par chance se trouve à 300 ou 400 mètres de là.

Nous apprenons par deux policiers que nous nous trouvons à 5 km du camp, alors nous décidons d’appeler Toff et Eric à la rescousse pour venir nous remorquer.

Sitôt arriver au camp, Toff et Eric se jettent sur la bête malade. Je voudrais, au passage, féliciter nos deux mécanos, Eric et Toff ainsi que leur aide mécanicien Jean-Pol. Bien qu’ils aient dû assumer la partie la plus ingrate de la course, la mécanique, la logistique, le démontage et le remontage des bivouacs, ils n’ont jamais failli. Toujours présents, toujours d’attaque ils ont su tout gérer comme il le fallait. Alors messieurs, chapeau bas et du fond du cœur je vous dis merci…même la bière était fraîche lorsque nous arrivions le soir !

Nos deux compères après un bref examen nous disent « euh…les gars, y a pas que le réservoir. Le réservoir c’est la conséquence, la cause c’est que vous avez détruit la traverse qui supporte les amortisseurs sur le châssis. La traverse y en a plus, c’est plus qu’un bout de ferraille inutile ! »

La solution, réparer le réservoir après vidange et dépose, ensuite trouver une barre métallique pour remplacer la traverse.

Le démontage tiendra Eric, Toff et Stéf jusqu’à 19h30. La quête dans le camp d’une barre qui puisse faire l’affaire ne se trouve pas. Ils ont bien pensé à l'un des montants de la tente militaire marabout des voisins mais ça n’allait pas !

Ils vont travailler jusqu’à 3h30 du matin sans aboutir à une solution fiable. Peut être que demain en ville trouverons nous la barre qui nous permettra de réparer ?

Nous sommes malgré tout classés, bien que nous ayons abandonné. Nous sommes 90e de l’étape, beaucoup de concurrents ne finiront pas cette journée, soit sur abandon simple, soit sur casse.

Le premier de l’étape mettra 10 heures…’le moins bon’, mais qui couvrira toute la distance mettra 16 heures…

Vendredi 1e Juillet 5e étape :

Ce matin vers 9h30, après deux aller retour en ville, Stéf revient au bivouac avec la barre tant attendue.

Une tige en acier pleine de 38 mm de diamètre par 1,10 mètres de long.

Rien n’est encore joué mais nous disposons d’une base pour avancer.

Eric tronçonne la tige en deux, puis meule une extrémité de chaque bout en forme de pieux. Pendant ce temps Toff prépare un tube sur lequel viendra se fixer le haut de l’amortisseur.

Viens maintenant le montage. Je suis chargé, par Eric, de trouver un marteau à vent « euh c’est quoi ce truc ? » « une masse imbécile » me dit Eric. J’en rapporte une première de 5 kg « pffff…trop petit » me dit il « ah ! ok » je repart et en ramène une de 10 kg « ok, ça fera l’affaire »

Mais où veulent ils en venir avec tout ça ? Simple, enfoncer en force les pieux par les trous de côté de la traverse qui passent à travers le châssis à l’aide de la masse. Puis glisser le tube préparé par Toff et enfin souder le tout…du travail digne d’un horloger Suisse…bande de brutes !

Il est déjà 12h00, tout est prêt mais l’opération n’a pas encore débuté. Nous devons prendre le départ au plus tard une demi heure après le dernier véhicule, soit dans environ une heure. On aura jamais le temps ! Nous nous relayons 20 coups chacun au manche de la masse pour enfoncer les pieux. Pas facile de frapper à l’horizontale avec une masse de 10 kg, de toutes ses forces, à 50 cm du sol dans le passage d’aile arrière sans occasionner d’autres dégâts, faut vraiment viser juste. Nous y parviendrons, mais le temps nous manque, ça va être cuit, nous ne pourrons pas prendre le départ c’est sûr, d’autant qu’il faut maintenant tout souder et en plus il y a 15 km du camp à la ligne de départ !

Et là, coup de théâtre ! Nous apprenons qu’un concurrent bloque la course. Il s’est mis en travers de la piste et empêche les autres concurrents de passer. Tout le monde râle, sauf nous !

Manu, le mécano d’une autre équipe va nous souder notre affaire en moins de temps qu’il ne le faut pour l’écrire. « Au fait manu, je te dois toujours une bière. »

Nous allons nous présenter devant le starter à 14h45 environ…ouf… !!!!

L’étape est roulante, moitié piste en forêt moitié piste à char en sable. De la navigation, mais les traces sont bien marquées…normal nous sommes partis dans les 5 derniers véhicules.

La réparation et l’abandon d’hier sont déjà de l’histoire ancienne, nous avons redémarré comme si rien ne s’était passé.

Nous allons boucler l’étape en 2h10, classé 31e de l’étape, seulement 17 minutes de plus que le premier.

C’est vraiment pas mal, compte tenu de la configuration du terrain avec beaucoup de sable. Les véhicules possédant de la puissance y sont très avantagés, ce qui je le rappelle n’est pas notre cas.

Samedi 2 Juillet 6e étape :

Dernier jour de course, dernière spéciale. C’est avec le même petit pincement au cœur que j’appréhende ces derniers kilomètres, allons nous franchir la ligne d’arrivée pour la seconde fois ? Une boucle de 28 km, 70% sur piste à char en sable et le reste en piste forestière, à parcourir trois fois. Il a plu toute la nuit à grosses gouttes, le sable est humide et donc plus porteur, ce qui nous avantage un petit peu.

Un seul obstacle sur le parcours, une dunette de 10 mètres de haut à gravir. Au 1er tour c’est sans souci, mais le tour suivant, après les camions, il nous faudra prendre un peu plus d’élan à chaque fois.

Sans souci cette dernière étape, en fait pas vraiment. Toujours les mêmes problèmes avec les camions.

Nous nous sommes traînés, à 3 voitures, pendant 8 km derrière un Man 4x4. Le gars ne voulant pas se serrer pour nous laisser passer...(nous énervait le type)…une piste parallèle de quelques dizaines de mètres s’est présentée à nous…les deux premières voitures s’y sont engagées et j’ai hurlé à Stéf « vas y, coupe lui la gueule à cet enfoiré »…chaud le dépassement, s’est passé à un mètre, le gars du camion debout sur les freins.

Un autre concurrent, nos amis Olivier et Bernard, ont eu beaucoup moins de chance sur le passage de la dunette. Alors qu’ils redescendaient la dunette en marche arrière parce qu’il n’était pas parvenu à la gravir du premier coup, un Man 6x6 en pleine prise d’élan les a percutés violemment par l’arrière. De la mi pente, ils se sont retrouvés propulsé au sommet de la dunette avec l’arrière de leur BJ 71 totalement détruit. Olivier et Bernard finiront malgré tout la course mais avec un goût très amer. Le camion a été mis hors course par l’organisation, aucune excuse, visibilité excellente, la dunette faisait 20 mètres de large !

Le vainqueur 2005 du Berlin-Breslau, un équipage polonais, va nous prendre un tour. Le vainqueur 2004,

l’allemand Neese N°101, est hors course depuis le mercredi suite à une série de tonneau sans arceau…pavillon au niveau du tableau de bord ! Stéf était super fier lorsque Neese et ses mécanos sont venus inspecter notre arceau et prendre des photos de notre LJ.

J’ai plié le road book, posé la télécommande du terratrip en apercevant au loin la ligne d’arrivée finale.

Deuxième fois que nous la franchissons, c’est génial. Nous nous sommes fait la preuve que 2004 n’ai pas à mettre au compte de la chance des débutants. Bien que notre résultat au classement général soit quasiment identique à l’année dernière, notre début de course nous a prouvé que nous étions capables de rouler dans les 20 premiers, et ça, c’est monstrueux !

Nous terminons cette dernière et ultime étape 31e à 36 minutes du premier. Nous sommes 40e au général en 50h11mn48s, le premier en 29h44mn40s. Au classement auto nous sommes 26e, 10e français, nous avons donc progressé de 5 places par rapport à 2004.

Il reste encore 353 jours avant le Berlin-Breslau 2006, et je me prends déjà à rêver…

« 5,4,3,2,1… GO… !!!! »

 

4x4 Extrême

3R4x4

Euro4x4parts

Roycreations

Handimat

Saganne

Passion Technique

Le Grand Air

Garage Gavois

Delesalle Publicité

Depannauto 03.21.97.81.81

Aria-services

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
   

 

 

 

 
     
 

Site conçu et réalisé par Stéf Loyer - 2005