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Nous revoilà donc à nouveau sur la longue route qui doit nous mener du Nord pas de Calais à Dresde en ex-Allemagne de l’Est. L’autoroute est toujours aussi ennuyeuse et interminable. Mais heureusement je roule avec Toff dans son tout nouveau et tout beau HZJ75, comme neuf et tout d’origine. Alors « ….blablablablabla….. » lui et moi allons papoter chiffons comme deux gonzesses durant quatorze heures. Quelques arrêt pipi et pose café, sans compter la sacro-sainte pose casse croûte vont venir rompre la monotonie de notre lente progression.

Toutefois nous nous sommes aussi un peu divertis lors d’un contrôle d’identité inopiné. La « polizei » pensait que Toff et moi étions des Polonais qui pratiquons le trafic d’automobiles !

Encore une fois merci Werner, notre Luxembourgeois multilingue et Ch’ti d’adoption pour avoir tout traduit et ainsi avoir réduit cette fortune de route à une simple banalité voir même à un échange sympa avec deux flics du coin.

 Le camp parviendra à contenir les quelques 280 concurrents de l’épreuve 2008.Y a du gros, y a du lourd et même du très lourd.

L’arrivée à Dresde : Après une longue nuit sur les autoroutes allemandes, nous voilà enfin arrivé en ce vendredi matin sur le lieu de rassemblement pour le départ la course. Un grand bivouac s’installe au fil de la journée et au fur et à mesure de l’arrivée des concurrents sur  le champ de foire de Dresde. Nous sommes dorénavant bien rodé à l’exercice de cette journée et se sera donc sans se presser et dans la bonne humeur que nous nous plierons aux tâches administratives, au stickage du LJ et aux contrôles techniques. Nous avons même du temps, après un dîner copieux, pour flâner dans le camp. Je remarque, n’ayant pu participer en 2007, que le niveau est vraiment monté d’un cran. Les véhicules sont de plus en plus préparés et affûtés avec entre autre d’avantages de prototypes. 

Prologue : Mes derniers souvenirs de prologue c’était les anciennes mines de charbons. Au milieu de nulle part entouré de vastes fosses, de cratères et de terrils. Maintenant, nous voilà un peu comme sur un super cross indoor à Bercy. Petit circuit artificiel de 1,5 km dans une friche industrielle adossé à un salon 4x4, c’est plutôt sympa avec le public tout le long du parcours.

Départ en ligne par 4 pour 3 tours, 400 mètres de ligne droite, 3 virages relevés creusés au bulldozer, comme le reste d’ailleurs,  pas mal de bout de ferrailles sur la piste qui occasionne des crevaisons. La voiture est ramenée avec une crevaison lente due à un clou, et une fuite à la pompe à injection qui nous accompagnera toute la semaine. Nous arrivons 142ème en 20mn, meilleur temps 11mn41.

Etape 1 : « Tropical Island »  Après une liaison de 130 km nous voilà parti sur une boucle de 8 km à parcourir 3 fois autour de « Tropical Island » : c’est une sorte de Center-Parc format XXL. Tout cela est installé sur une ancienne base aérienne de l’ex pacte de Varsovie, avec abri béton pour stationner les avions et soutes à munitions. La piste d’atterrissage a été reconvertie pour l’occasion en terrain de bivouac. Le départ de cette première étape est retardé d’une heure ce qui nous fait partir à 19h15, retour au bivouac à 20h15, on a bien roulé. Le tracé s’avère être très cassant. Le sol est formé de mini woops dur comme de la pierre avec quelques passages de sables mous. Il fait chaud, plus de 35°C. Nous avons énormément de poussière, aucune visibilité à plus de 1 mètre devant le capot et parfois pas de visibilité du tout. Il n’y a pas de navigation, et pas non plus de difficultés si ce n’est celle de ramener le 4x4 en un seul morceau…

Le prologue de la veille et le tracé d’aujourd’hui ont permis de faire parler les chevaux pour certains concurrent. Le retour de bâton n’en sera que plus sévère pour une trentaine de véhicules. Tirant de pont arraché, amortisseurs éclatés ou cassés, pont tordu, moteurs en surchauffe et même supports moteurs arrachés. Les groupes électrogène et les postes à souder vont tourner jusque tard dans la nuit pour réparer la casse d’aujourd’hui. Nous arrivons 98ème de cette étape, qui veut voyager loin ménage sa monture !

Etape 2 : Au revoir l’Allemagne et bonjour la Pologne après 84 km de liaison pour une unique spéciale de 104 km Après à peine 20 km de road book une première difficulté, un immense trou d’eau dans une rivière qui se termine en gouffre par endroit, de l’eau à moitié des vitres. Quatre véhicules sont en délicate situation et ferme toute possibilité de passer. Nous sommes derrière 23 véhicules qui attendent leur tour pour se jeter dans la fosse. Alors se pose la délicate question de : « faut il shunter ou ne pas shunter ? » Nous prenons la décision que oui, il faut shunter. Nous prenons 2 heures de pénalités mais selon nos calculs cela prendra moins de temps que d’attendre notre tour pour franchir l’obstacle…sauf que…il s’avère que le calcul ne sera pas aussi bon, nous retrouverons la trace du rallye 30mn après. Les pistes sont sableuses au milieu des pins. Pas de gênes particulières en navigation, ni trop de franchissement, juste un trou d’eau et une rivière. Quand je ne dis pas trop de franchissement, ce n’est pas qu’il n’y en a pas, c’est que cet aspect de la course ne nous pose plus vraiment de difficultés. Nous sommes assez bien rodés. J’ouvre toujours à pied sur les passages délicats afin de trouver la meilleure trace et la meilleure trajectoire. Dans bien des cas, les camions peuvent se permettre le passage en force compte tenu de leur gabarit, quelques 4x4 s’y essaient aussi avec souvent de bien piètre résultat. La méthode qui consiste à poser le LJ au fond du trou et à le sortir gentiment au treuil s’avère être très efficace et rapide. En règle générale, il nous faut 5 à 10 minutes pour nous sortir des pièges qui nous sont tendu et 30 minutes dans les pires passages. La voiture se comporte vraiment bien, sauf nos amortisseurs arrière qui souffrent énormément et que nous devrons remplacer le soir au bivouac, nous arrivons 135ème de cette étape. 

Etape 3 : 174 km, une liaison de 8 kms pour rejoindre le départ dans la ville de Zagan, un départ en plein centre ville. Cela fait un peu bizarre de parcourir les rues de la ville sur 2 km en spéciale entouré de cordons de policiers et de militaires, originalité de la Pologne, encore un fois. Une bonne journée ou l’on a laissé derrière nous pas mal de camions qui s’étaient planté. Nous pouvons rouler à notre rythme car la route est libre devant nous, 2 difficultés passées au treuil en 5 minutes. Un passage difficile en fin de parcours, un chemin boueux formé de plusieurs trous d’eau avec de belles ornières. Stef le négocie très bien, nous arrivons 57ème de cette étape.

Etape 4 et 4 bis : L’étape 4 comporte 180 km de spéciale et 123 km de liaison et l’étape 4 bis « Hannibal » comporte 130 km de spéciale. Départ de bonne heure pour cette journée qui devrait s’annoncer longue et fatigante. Nous prévoyons entre 14h et 20h00 de roulage donc nous embarquons suffisamment de provisions pour tenir toute la nuit, y compris des vêtements de rechange chaud au cas où nous devrions dormir à la belle étoile. 3 difficultés passée avec méthode comme à notre habitude. Pistes rapides et très cassantes, sèche et encore beaucoup de poussières. Nous ressemblons à deux mineurs de fond depuis le début de la course de vrais « gueules noires ». Bonne navigation dans les grandes forêts polonaises, de grandes distances à 1,5 et 2 km sur les cases. Cela a le don de nous endormir passablement. A la fin de la 3ème spéciale, l’amortisseur arrière droit nous lâche à nouveau juste avant de franchir la ligne. Il est 16h00, retour au camp, toujours pas d’étape de nuit pour nous encore une fois. Mais nous avons été plus loin cette année sur cette journée que les années précédentes, nous arrivons 45ème de cette étape. Mais prenons un temps forfaitaire de pénalité pour l’étape de nuit nous faite : plus de 22h.

Etape 5 : Une « petite » spéciale de 80 km parcouru en 3h30. Début du road-book tel celui de l’épreuve 2004, marécage, un bon gros fossé et re-marécage. Parti dans les premiers, le terrain n’est pas trop détruit et donc sa passe plutôt bien avec un petit coup de treuil. La navigation difficile avec des caps au milieu des bois, beaux souvenirs. Les prototypes très impressionnant du début de semaine ont tendance à disparaître au fil des jours. Nous tournons un peu au ralenti à cause de nos amortisseurs de remplacement plus souples. Ce fut une excellente journée malgré tout, car la navigation fût bonne et notre vitesse régulière. Nous nous entendons de mieux en mieux sur les treuillages même si nous ne nous voyons pas, l’habitude sur ces 4 participations. Nous arrivons 30ème  de cette étape.

Etape 6 : Une seule spéciale de 130 km. Départ 9h15 arrivé 15h15. Quelques passages au treuil dont un ou le Toy était sur 2 roues de coté, j’ai ouvert à pied dans un fossé et je me suis retrouvé avec de la boue jusqu’à la poitrine. Puis une partie de navigation importante avec un cap à trouver sur 5 km à vol d’oiseau au milieu des bois. Nous avons emmené 4 autres concurrents qui nous suivaient en file indienne jusqu’au CP….très fière de lui le Xav’. Les suspensions tiennent, nous roulons doucement car le turbo commence à présenter de gros signes de fatigue. Nous n’avons pas roulé derrière des camions depuis le début la course, j’ose dire que nous les avons laissé sur cette étape derrière nous sauf le vainqueur sur son Unimog. Nous arrivons 16ème de cette étape.

Etape 7 : Dernière journée de course, une spéciale de 75 km avec un départ en ligne 10 par 10, toujours aussi impressionnant. Etape roulante avec deux passages délicats négocié à notre habitude après réflexion, pas de treuillage sur cette dernière journée. Il est temps que le rallye se termine, l’embrayage fait des siennes, nous terminerons la spéciale en petite vitesse afin d’éviter de passer trop souvent les rapports. Nous passons la ligne d’arrivée heureux d’une belle semaine de course. A la descente du Toy, nous constatons que l’échappement « pisse » l’huile moteur : le turbo est vraiment HS ce coup-ci. Nous arrivons 40ème de cette étape et finalement 57ème au classement général de notre catégorie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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